Promenons-nous dans les bois… et je vous promets que le loup n’y est pas. Du moins pas dans les trois forêts que je vous présente aujourd’hui. Elles se situent non loin de Saint-Nazaire, à La Baule, Saint-Brevin-les-Pins et Pornichet, et elles ont un point en commun : elles ont été créées il y a un peu plus de 200 ans pour stabiliser des dunes.
L’histoire commence en 1810 ; un décret stipule que les départements du littoral atlantique doivent faire des efforts pour fixer les dunes en les plantant de diverses essences d’arbres. Quelques dizaines d’années plus tard, de vraies forêts auront poussé sur les pentes de sable. Et autour et au pied des dunes ainsi stabilisées, voire même au cœur de certaines pinèdes nouvellement créées, les premières stations balnéaires seront nées à peu près en même temps. Ce n’est donc pas un hasard si ces trois forêts se trouvent dans des communes qui sont toujours des stations balnéaires.
C’est parti pour trois promenades en forêt !
La forêt d’Escoublac : la plus haute
Cette forêt qui se situe à La Baule est non seulement la plus grande des trois que je vous présente (47 hectares) mais aussi la plus haute : la dune sur laquelle elle a été implantée culmine à 52 mètres. Cela en fait la deuxième plus haute dune de France, (loin) derrière la dune du Pilat qui fait quand même le double !




Même si elle est située assez loin de la plage à l’intérieur des terres, cette forêt dunaire a tout pour plaire. Elle est joliment vallonnée, certains chemins sont même assez raides ; elle comporte un sentier de découverte faune et flore, bien balisé, à parcourir au choix sur une boucle courte ou longue ; des pistes spécifiques pour VTT et cavaliers y ont également été aménagées. La forêt est très claire et lumineuse, avec la présence, en plus des pins, de nombreux feuillus dont des acacias, aubépines, aulnes…


Le petit plus. – Sous le sable se cache… un village ! La dune a en effet « avalé » l’ancien village d’Escoublac il y a deux siècles et demi. A l’époque, la dune, non stabilisée, avançait inexorablement, et en mars 1751, un séisme et une tempête catastrophique avaient exacerbé ce phénomène. Aujourd’hui, une croix marque l’emplacement de l’église de ce village qui fut abandonné vers la fin du 18e siècle lorsqu’il était évident que la lutte contre le sable était perdue. Le destin semble d’ailleurs s’être déchaîné contre le bourg d’Escoublac : un village précédent, construit en bord de mer, avait été balayé par un raz-de-marée au milieu du 15e siècle.


Accès (voir la carte). – Venant de Saint-Nazaire en voiture, on se gare facilement au milieu de la forêt, boulevard de Cacqueray, à hauteur de l’aire de pique-nique. Il y a juste la route à traverser (avec prudence) pour se trouver à l’entrée de la forêt et au départ des sentiers. Arrivée en transports en commun : les TER en provenance de Saint-Nazaire et Nantes s’arrêtent à l’ancienne gare de La Baule les Pins, rebaptisée Halte SNCF TER, qui se trouve quasiment en bordure de la forêt. De là il n’y a plus qu’environ 600 m à pied à faire jusqu’à l’entrée de la forêt, boulevard de Cacqueray.
La forêt de la Pierre Attelée : la plus maritime
Cette belle forêt au Sud-Loire, sur le littoral de Saint-Brevin-les-Pins, est la propriété du Conservatoire du Littoral. Sous certains aspects, elle pourrait être une petite sœur de celle d’Escoublac : elle est presque aussi grande (41 hectares contre 45) et un peu moins haute (la dune culmine à 31 mètres contre 52 à La Baule Escoublac). Ici aussi on chemine tantôt entouré de feuillus, tantôt de résineux ; les sentiers montent et descendent et le massif dunaire est clairement reconnaissable.




Mais contrairement à la forêt d’Escoublac, la forêt de la Pierre Attelée est située directement au bord de l’océan. A plusieurs reprises, des chemins sortent de la forêt, permettant de descendre vers ces immenses plages qui bordent la côte brévinoise. La dune boisée fait alors place à la dune du littoral…





Le petit plus. – Et hop, un bond en arrière de 5 000 ans ! C’est (à quelques années près) l’âge du menhir de la Pierre Attelée, à découvrir dans une clairière de la forêt. Le menhir, en grès quartzeux, s’élève à 2,90 m au-dessus du sol et est sans doute profondément enfoui dans le sable. Un bel exemple de l’important patrimoine mégalithique de Saint-Brevin-les-Pins (voici une plaquette éditée par la ville pour en savoir plus).

Une boucle d’à peine une heure vous permet de goûter toutes les ambiances de cette forêt : d’abord le chemin d’intérieur jusqu’au menhir, puis retour par le chemin près de la bordure côté mer pour profiter des trouées vers l’océan, des vue sur la plage, les pêcheries, Saint-Nazaire et la côte en face.

Accès (voir la carte). – Un parking tout au bout de l’avenue des Pierres Couchées jouxte l’entrée de la forêt. De là vous pouvez partir le nez au vent, au gré de votre curiosité, ou vous inspirer du panneau explicatif et des chemins balisés (voir le panneau ci-dessus) pour votre promenade. Autre possibilité : vous vous garez à l’extérieur de Saint-Brevin, en direction de Saint-Michel-Chef-Chef, au parking des Terres Rouges, à deux pas de la plage de Gohaud. De là une belle promenade d’environ un kilomètre – avec vue sur mer – vous amène à la forêt, tout près du menhir de la Pierre Attelée. Côté transports en commun, cela se complique : à proximité du parking de l’avenue des Pierres Couchées j’ai seulement trouvé un arrêt Brevibus, transport local gratuit (arrêt Œillets de la ligne 3, voici le lien vers la plaquette 2025).
La Lande de Cavaro : la plus insolite
Pour finir, une forêt qui ne s’appelle même pas forêt ! Nous sommes à Pornichet, à la limite communale avec Saint-Nazaire. La petite lande ou forêt de Cavaro (5 hectares) se situe sur une ancienne lande qui a longtemps été cultivée, jusqu’au 20e siècle. Il paraît que des pieds de vigne se cachent encore ici ou là entre les chênes verts… je n’en ai pas vus. La forêt est donc petite, mais quand vous y entrez, vous avez l’impression de pénétrer dans une grande forêt puisqu’il y a des chemins dans tous les sens. Ici pas de relief de dune comme dans les deux autres forêts. Mais on se trouve bel et bien sur une dune : cela s’appelle une dune grise boisée, plantée principalement de chênes verts et de pins maritimes.



Ce qui rend cette forêt insolite pour moi, ce sont ses clairières. On dirait des plages échouées en forêt ! Comme vous le voyez sur les photos, ce sont ni plus ni moins des étendues de sable… la dune est bien là.



Le petit plus. – Insolite aussi, le voisinage ! Il s’agit du Camp de la Torpille, pour l’essentiel situé sur la commune de Saint-Nazaire. C’est un ancien dépôt à munitions, créé à partir de 1941 par les Allemands et ensuite occupé par la Marine Nationale française jusqu’en 1988. Un chemin de promenade permet d’en faire le tour sur environ un kilomètre et demi (attention, à certains endroits c’est très boueux par temps de pluie). S’il n’y avait le grillage surmonté de fil barbelé avec ses panneaux « terrain militaire », on ne se douterait guère de la nature de ce terrain qui appartient toujours à l’armée. Les blockhaus aperçus ici et là à travers le grillage disparaissent lentement dans des massifs d’ajoncs et de ronces. Il y a quelques années, j’ai encore vu des vaches et des chèvres paître là, maintenant j’ai l’impression qu’il n’y a plus que des oiseaux, des insectes et sans doute des lapins…



Accès (voir la carte). – En voiture c’est très simple : garez-vous à la sortie de Saint-Marc-sur-Mer sur le grand parking de la plage des Jaunais. Quelques dizaines de mètres plus loin, en longeant l’aire des camping-cars, vous êtes devant le Camp de la Torpille et la forêt de Cavaro. Transports en commun : pas de problème non plus, l’arrêt de bus de la ligne U3 (arrêt Jaunais), venant du centre-ville de Saint-Nazaire en passant par Saint-Marc-sur-Mer, se trouve devant le parking. Cet arrêt est également desservi en juillet et août par une navette gratuite venant de Pornichet (voir la plaquette).
Choses vues…
Malheureusement je n’ai pas vu d’animaux – écureuils ou oiseaux – pendant mes récentes promenades dans les forêts. Mais ici un arbre étonnant, là des feuilles d’un vert éclatant au soleil printanier… voici un diaporama de choses vues en forêt. Là-dessus je vous souhaite à votre tour « bonnes balades » !














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