Souvenirs australiens / 1re partie

De Noël 2023 à fin janvier 2024 j’ai fait le voyage de ma vie : un mois en Australie ! Comme je l’explique ici, avec mon mari nous avons rendu visite à notre fils Matthias qui vit actuellement à Melbourne. Il nous avait concocté un superbe programme de visites et de voyages, entre un séjour à Melbourne, un road trip entre Melbourne et Sydney et un week-end sur la Great Ocean Road. J’ai classé quelques-uns de mes souvenirs les plus marquants en un petit d’abécédaire dont voici la première partie.

Austral

Austral, adjectif : ce qui se trouve au sud de la terre, par rapport à boréal, au nord. D’où le nom d’Australie, officiel depuis 1824. Pour mon voyage au cœur de l’hiver européen, j’étais ravie de profiter de l’été austral. C’est plutôt agréable de se promener par 25 ou 30° (heureusement on n’a pas eu de pics de chaleur à 40° ce qui aurait très bien pu arriver) en pensant au froid hivernal en France !

Même si certains matins, il faisait bien frais au bord de l’eau, comme ici à Port Albert.

Blue Mountains

Ce massif de plusieurs milliers de km², qui culmine à 1 200 m d’altitude, est fait de vallées profondément encaissées, de cascades spectaculaires, et couvert d’une forêt immense, jadis réputée impénétrable (aujourd’hui une autoroute traverse le massif). Grâce à des belvédères et sentiers aménagés, la partie haute est facile à explorer ; j’avoue que je ne me suis pas lancée dans une randonnée difficile pour descendre dans les profondeurs des gorges. Voici quelques aperçus des merveilles de ces montagnes dites « bleues » à cause des vapeurs d’eucalyptus qui créent comme une brume bleuâtre notamment les jours de grande chaleur.

Cabines

Les « bathing boxes », cabines de plage, à Brighton Beach, font partie des images iconiques de Melbourne.

Les premières étaient installées directement au bord de l’eau, dès les années 1865, pour permettre à ces dames de se baigner en glissant discrètement de leur cabine dans l’eau. Aujourd’hui ces cabines, regroupées en haut de la plage, constituent une superbe farandole de couleurs et de motifs. Leurs propriétaires les peignent et repeignent, à leur goût (mais il me semble qu’il y a une charte de couleurs à respecter).

Si vous vous voyez déjà propriétaire d’une « box », sachez que ce n’est pas aussi simple. Elles ne peuvent se vendre qu’à des résidents de la ville de Brighton, banlieue de Melbourne, et il faut alors compter la coquette somme d’au moins 200 000 dollars australiens (environ 120 000 euros) ! Pas mal pour une cabane sans eau ni électricité qui ne sert qu’à ranger le matériel de plage… De toutes façons, les ventes sont extrêmement rares, les cabines se transmettent avant tout de génération en génération à l’intérieur des familles.

Café

Envie d’un café ? Alors on va prendre un peu de temps ! Eh oui, en Australie, et tout particulièrement à Melbourne, « un café » cela ne veut pas dire « un petit noir avalé vite fait, debout au comptoir ». Ici, depuis longtemps, c’est une vrai culture du café qui s’est développée ; elle fait vivre des milliers de coffee shops partout en ville. Et là, justement, on aime prendre son temps en sirotant son long black, flat white, latte, cappuccino (liste loin d’être exhaustive), préparé dans les règles de l’art par un ou une barista. J’ai découvert les délices du flat white, subtil mélange d’espresso et de mousse de lait, toujours servi de façon à créer un petit dessin dans la mousse de lait comme sait si bien le faire mon barista de fils.

CBD

Le CBD, ou « Central Business District », c’est tout simplement le centre-ville dans les agglomérations australiennes. Dans les grandes métropoles, on distingue de loin la skyline du CBD. Mais à Melbourne, la nature n’est jamais très loin, que ce soit le bord de mer (en fait l’immense baie de Port Phillip), le Yarra ou le lac d’Albert Park.

Un conseil : les tours et immeubles du CBD s’offrent aussi à la vue depuis un des nombreux « rooftop bars », des bars nichés en haut d’un immeuble. Certains sont d’ailleurs plus ou moins confidentiels !

Au cœur du CBD j’étais très surprise. Les tours sont bien là mais n’ont rien d’oppressant, d’autant plus que des bâtiments du 19e siècle, d’autres de style Art Déco ou encore des ruelles insolites et toute l’animation de Chinatown se glissent entre les gratte-ciels. Et quand j’ai fait tranquillement (et gratuitement) le tour du centre ville dans un tram historique un peu brinquebalant, j’ai vite oublié que je me trouvais dans une mégapole de 5 millions d’habitants !

Eucalyptus

J’ai appris que l’eucalyptus ou « gum tree » comment l’appellent souvent les Australiens, est non seulement originaire d’Australie mais aussi qu’il constitue près de 95 % des forêts de l’île. J’ai pu m’en rendre compte sur place : des eucalyptus à perte de vue. Et que ça sent bon dans une forêt d’eucalyptus !

Au fait, je ne sais pas quels eucalyptus j’ai photographiés : il existe plus de 500 espèces en Australie ! Tantôt ce sont des arbres très droits et hauts, tantôt des troncs plus courts aux branches tordues… mais toujours très photogéniques.

Malheureusement, les vapeurs d’huile d’eucalyptus sont très inflammables, tout comme les écorces et branches mortes, et des incendies de forêt (« bushfires ») peuvent se propager à grande vitesse dans ces massifs souvent très denses et étendus. Or un feu maîtrisé, comme les Aborigènes en ont toujours pratiqué, contribue à la régénération des écosystèmes et à la prévention d’incendies incontrôlés. Ce « fire management » est d’ailleurs à nouveau réalisé dans certains parcs nationaux, grâce au savoir-faire des Aborigènes.

Faune…

Il y a vraiment des animaux bizarres en Australie que l’on ne trouve nulle part ailleurs… par exemple celui-ci, assez rare à observer de jour  : un échidné. Il a beau ressembler à un hérisson surdimensionné, c’est un monotrème, un mammifère qui pond des œufs, cousin du non moins bizarre ornithorynque  !

Autre animal endémique à l’Australie, le wombat. Lui aussi se fait rare, nous avons eu la chance que celui-ci passe juste à côté de nous, ne regardant ni à droite ni à gauche, l’air très affairé, dans le magnifique parc naturel Wilsons Promontory à l’extrême pointe sud de l’Australie. Le wombat, qui fait partie de la famille des marsupiaux, a lui aussi une particularité : ses excréments sont… cubiques ! Véridique, j’en ai vu.

Ils sont presque mignons, ces petits sauriens nommés dragons d’eau ! Ils se prélassaient sur des rochers à Manly, une station balnéaire dans la baie de Sydney. Là aussi, c’est la première fois que j’en vois.

Ouf, des otaries, ça je connais ! Ici ce sont des otaries à fourrure dont il existe toute une colonie à Narooma, sur la côte Pacifique.

J’ai croisé aussi des « bestioles » nettement moins sympathiques, comme ces araignées à qui je n’ai pas demandé si elles sont mortelles pour l’homme. Si si, il y en a ! Tout comme des serpents, mais heureusement, ceux-là n’ont pas croisé mon chemin ! Le panneau a suffi de me faire frissonner…

… et flore

Là aussi, comme pour les animaux, je suis allée de surprise en surprise, ou plutôt d’espèce inconnue en espèce inconnue. J’ai appris à en reconnaître certaines pendant mon séjour, comme le pin de Norfolk, cet arbre très symétrique, le banksia, arbre dont les Aborigènes utilisaient les épis floraux, gorgés de nectar, pour fabriquer une boisson sucrée, ou encore le frangipanier dont les jolies fleurs blanches embaument de nombreux jardins.

Quant à la fougère géante ou arborescente, ce fut une très belle découverte ! De loin on la prendrait presque pour un palmier.

Même sans êtres géantes, les fougères étaient très présentes dans les forêts dans lesquelles nous avons randonné, formant des massifs parfois extrêmement denses et hauts. J’avoue que je n’aimais pas trop m’y faufiler, je les imaginais peuplés de certains serpents et araignées dont la piqûre ou la morsure peut vous abréger la vie sans que vous n’ayez rien demandé…

Beaucoup d’autres fleurs, buissons, arbres ou baies sont restés mystérieux…

Great Ocean Road

Lorsque les travaux pour cette route côtière au sud-ouest de Melbourne ont commencé en 1919, c’était principalement pour deux raisons : il s’agissait de désenclaver les localités du littoral, accessibles seulement par bateau dans des eaux extrêmement dangereuses – des centaines d’épaves reposent sur le fond, plus ou moins proches de la côte – et aussi de donner du travail aux soldats rentrés de la Première guerre mondiale. Très vite après l’ouverture de la route en 1932, l’intérêt touristique de ces 241 km de route panoramique est devenu évident.

Aujourd’hui cette route est un incontournable pour tout voyageur dans le Victoria. Chaque virage (et il n’en manque pas !) ouvre sur une nouvelle vue spectaculaire. La marée, la houle incessante, l’érosion ont créé des paysages insolites ; l’air est saturé de sel et d’écume, le vent vous enivre… Un bon conseil : si vous y allez, prévoyez large car vous aurez envie de vous arrêter tout le temps !

Incendies

Nous avons tous entendu parler des grands incendies en Australie, aux conséquences catastrophiques (lire cet article très intéressant, mais un peu démoralisant, publié par le Programme pour l’environnement de l’ONU). Et avec le réchauffement climatique la fréquence et la puissance de ces feux sont susceptibles de s’accroître encore… Le risque est donc pris très au sérieux. J’ai vu d’innombrables panneaux comme celui-ci sur les bords des routes, indiquant chaque jour le degré de risque :

Selon un certain nombre de critères, le risque est évalué en permanence pour chaque micro-région. Les couleurs et les niveaux de risque correspondent à des précautions à prendre et/ou des actions à prévoir. Comme il y avait eu pas mal de pluie avant notre arrivée en Australie, l’indicateur est resté au vert tout au long de notre séjour. Comble de l’ironie : pendant notre road trip nous étions bloqués un jour non pour cause d’incendie mais… d’inondations !

Koalas, kangourous et kookaburras

Il n’y a pas plus australien que ces trois animaux-là. Mais connaissez-vous le kookaburra ? Le chant de ce joli oiseau (martin-chasseur géant en français) sonne à nos oreilles comme un grand éclat de rire. Je peux vous dire que par moments c’est un rire franchement contagieux ! Ecoutez-le dans cette vidéo trouvée sur Youtube.

Pour observer des koalas, rien de plus facile… à deux conditions : il faut savoir où il y en a, leur habitat étant de plus en plus restreint ; puis il faut les repérer dans les arbres. Ces boules de poil passent essentiel de la journée (environ 20 heures !) à dormir en haut de leur eucalyptus préféré.

Quant aux kangourous, nous avons pu en observer à plusieurs reprises, dans des coins où visiblement ils ont l’habitude de voir des humains. Ils évoluaient tranquillement, pas farouches, curieux même de voir ce que nous faisions.

J’ai même vu des bébés, les « joeys », dans la poche marsupiale de leur mère. A la naissance, ils ne mesurent que 2 cm et pèsent 1 gramme, ils vont donc vite s’installer dans la poche pour y grandir et se développer en toute sécurité, pendant environ 250 jours… jusqu’à ce que ce logis douillet devienne trop étroit !

Luna Park

C’est le 13 décembre 1912 que la bouche béante de « Mister Moon » laissa passer les premiers visiteurs du Luna Park de Melbourne, dans le quartier de St-Kilda. Ils avaient le choix entre plusieurs attractions, dont une montagne russe sur un gigantesque échafaudage en bois, faisant tout le tour du parc. Elle existe encore aujourd’hui, plus que centenaire, pour le plus grand plaisir des petits et des grands ! Quant au Luna Park, c’est une des attractions les plus célèbres de Melbourne.

Le Luna Park de Melbourne a un petit frère à Sydney, créé en 1935 à Milsons Point. Situé entre les immeubles du centre ville et la baie de Sydney, ce parc d’attractions n’est pas fermé, on peut donc s’y promener librement, seuls les manèges sont payants.

Maisons

Impossible de ne pas être charmées par ces petites maisons, dont certaines datent encore de l’ère victorienne, qui longent d’innombrables rues tranquilles, dans toutes les villes que j’ai vues. Seul problème : l’isolation, le double vitrage voire même le chauffage central sont quasiment inconnus en Australie… donc en hiver c’est un peu moins douillet.

Mangrove

C’est fou tout ce que j’ai appris (donc : tout ce que je ne savais pas) sur l’Australie ! Par exemple, c’est ici que l’on trouve la troisième plus importante mangrove au monde ; malheureusement le réchauffement climatique pose de grands problèmes à ce précieux écosystème. J’ai pu me promener dans une petite mangrove sur la côte Pacifique, dans la baie de Jervis. Il ne manquait que des crocodiles…


>>> Cliquez ici pour lire le 2e volet de ce petit abécédaire de mon voyage australien.

>>> Et ici pour le 3e volet, consacré aux « stars de Sydney ».


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