C’est avec une (trop) brève escale à Sydney que se termine mon récit australien en trois volets. Sydney, sa baie, ses ferries, ses plages… et ses deux stars de renommée mondiale : l’Opéra et le Harbour Bridge.
L’Opéra de Sydney
Je me souviens de l’émotion ressentie lorsque j’ai vu pour la première fois l’Alhambra, le Pont du Gard, la basilique de Saint-Marc à Venise. Des monuments déjà vus tant de fois en photo ou en film, et pourtant… ils sont tellement exceptionnels que la réalité dépasse de loin l’image que l’on s’en est faite. L’Opéra de Sydney m’a fait le même effet. J’étais subjuguée !



Pendant les quelques jours passés à Sydney, nos pas nous ont menés plusieurs fois vers l’opéra pour l’admirer encore et encore. De près et de loin, sous un ciel bleu, gris ou blanc, peu importe. On ne s’en lasse pas ; le bâtiment qui semble flotter dans la baie de Sydney est tout simplement une merveille. Cela fait un demi-siècle que le Sydney Opera House se dresse à Bennelong Point – le 50e anniversaire a été fêté en octobre 2023 – mais on dirait qu’il date d’hier. Intemporel, classique, moderne, extravagant, élégant, unique… bref, un chef d’œuvre architectural. Et il est voisin d’un autre monument magistral, le Harbour Bridge, que je vous présente un peu plus loin.

Sous certains angles le monument se dresse comme une cathédrale ; à d’autres moments il semble sur le point de larguer les amarres pour une traversée de la baie. Certains le comparent justement à un navire sous voiles, d’autres y voient des coquilles surdimensionnées. A chacun de faire appel à son propre imaginaire !


Malheureusement toutes les visites guidées de l’intérieur étaient complètes, j’aurais aimé voir la grande salle de concert et d’opéra, très réputée pour son acoustique. Mais nous avons pu passer sous le bâtiment, et même ça c’était beau ! Jugez-en…

Nous avons aussi pris un peu de distance pour apprécier les vues différentes depuis les magnifiques Jardins Botaniques, la baie ou le quartier de Kirribilli (où je me voyais très bien sur un balcon dominant la baie… on peut toujours rêver !).
J’étais très surprise par le toit, ou plutôt les toits, ces formes incroyablement élégantes qui ont pourtant donné tant de fil à retordre pour passer du dessin à la réalisation ! Ces toits donc, qui de loin semblent d’un blanc brillant, uni, sont en fait couverts de plus d’un million de tuiles en céramique (précisément 1 056 006), qui ont été réalisées en Suède. L’agencement tient compte des différentes formes géométriques des tuiles, de leur surface (certaines sont mates d’autres brillantes), et d’un dégradé de couleurs très subtil.
Mais savez-vous que cet opéra connu et admiré dans le monde entier a eu une histoire plus que mouvementée ? Entre le lancement du concours d’architectes, en 1955, et l’inauguration par la reine Elizabeth II en 1973, il y a eu un nombre incalculable de péripéties. Le budget est passé de 7 à plus de 100 millions de dollars, la construction a duré 10 ans de plus que prévu, et son architecte, le Danois Jørn Utzon, a été écarté sans ménagement et n’a jamais vu l’opéra terminé ! Je vous propose de lire tout cela en détail, et de voir de très belles photos du bâtiment, sur le blog de mon fils (Inside My Backpack).
Harbour Bridge
Ce pont fait partie du club sélect des ponts les plus célèbres et les plus photographiés du monde. Les habitants de Sydney l’appellent « le cintre », je le trouve tout simplement élégant et même aérien.

L’acier de cette structure gigantesque, assemblée à l’aide de 6 millions de rivets, représente un poids d’environ 52 000 tonnes, soit sept fois la Tour Eiffel. Construit entre 1926 et 1932, le Harbour Bridge a une longueur totale de 1 149 m, dont 504 m pour l’arche. Le pont culmine à 134 m au-dessus du niveau moyen de l’eau. Certains jours de grand chaleur l’expansion de l’acier le fait même s’étirer jusqu’à 18 cm de plus !
A chaque extrémité, le pont est flanqué de deux pylônes en béton, recouverts de granit, hauts de 89 m. Comme des tunnels d’ancrage de 36 mètres de long ont été creusés dans la roche, de chaque côté du pont, pour stabiliser l’édifice, les pylônes n’ont qu’un rôle décoratif. Aujourd’hui l’un d’entre eux abrite un musée et une plateforme de vue.

Le pont enjambe majestueusement la baie de Sydney, reliant le CBD au quartier résidentiel de North Shore. Plus de 150 000 véhicules et des centaines de trains et de trams l’empruntent chaque jour.

Nous l’avons traversé à pied sur la voie réservée aux piétons. Les mesures de sécurité sont impressionnantes ; en plus des grillages surmontées de barbelés et incurvés à l’intérieur, du personnel de surveillance est posté à intervalles réguliers. Mais la vue sur l’opéra et la baie est époustouflante !


On aurait pu pousser l’aventure jusqu’à grimper sur la structure même… à condition de débourser au minimum 200 euros par personne. La montée est encadrée et se fait dans de strictes mesures de sécurité, mais à sentir le vent sur la voie piétonnière je me disais que tout là-haut il fallait certainement se cramponner !



J’ai préféré regarder la structure par en-dessous…

… et guetter, un peu partout en ville, de nouvelles perspectives sur ce pont.
Si vous voulez tout savoir sur le pont et son histoire, je vous recommande l’article qui lui est consacré sur le site World Masterpieces (j’étais ravie d’y trouver aussi un article sur le pont de Saint-Nazaire).
De la baie au Pacifique
Bien sûr Sydney ne se résume pas à ces deux chefs d’œuvre. C’est une ville très vivante et dynamique, avec de nombreux parcs et jardins où il fait bon prendre l’ombre, et elle bénéficie d’un environnement incroyable : d’un côté la fameuse baie, avec ses innombrables criques, pointes, presqu’îles, et même des ports, de l’autre l’océan Pacifique avec une côte rocheuse très impressionnante.
Mais contrairement à Melbourne, j’ai trouvé ici les gratte-ciels un peu trop denses, trop envahissants. Ils écraseraient presque The Rocks, quartier portuaire et cœur de la ville du 19e siècle, et le célèbre Circular Quay d’où partent les ferries de la baie.
Et puis un coucher de soleil vous réconcilie avec la verticalité…

J’ai fait et vu énormément de choses pendant ce mois d’hiver passé sous le soleil austral. Et puis je regarde la carte et je me dis que ce n’est rien du tout par rapport à la taille du pays ! Je sais ce qu’il me reste à faire…
Je vous invite à lire les autres volets de mon récit :
>>> Souvenirs australiens / 1re partie
>>> Souvenirs australiens / 2e partie
>>> Et l’article d’introduction qui vous donne le contexte de ce voyage.














































