Strasbourg en décembre : une parenthèse enchantée

En ce début décembre 2021, j’ai passé quatre jours à Strasbourg. Quatre jours d’émerveillement… et pas seulement à cause du célébrissime marché de Noël, ou plutôt « des » marchés de Noël car il y en a partout en ville, une dizaine cette année. Ce n’est pas pour rien que Strasbourg s’est proclamée « capitale de Noël » !

J’ai particulièrement apprécié les trois principaux marchés : autour de la cathédrale qui fournit un décor saisissant aux chalets ; place Kleber où se dresse un magnifique sapin haut de 30 mètres ; et sur la grande place Broglie, considérée comme le site historique du Christkindelsmärik (« Marché de l’enfant Jésus »).

Dans ces chalets on trouve des décorations de sapin, de l’artisanat d’art, des objets-souvenirs où les cigognes le disputent aux bretzels, des bredele et du stollen (traditionnels gâteaux de Noël)… bref, du bon, du beau, du kitsch, un peu de tout. Voici quelques impressions de mes pérégrinations, il manque juste la bonne odeur du pain d’épices et du vin chaud !

Tout le centre ville est décoré et illuminé à profusion, créant une ambiance festive comme j’en ai rarement vu ailleurs. C’est vrai, à la vue de la énième façade ornée de nounours blancs surdimensionnés j’ai frôlé l’overdose, mais l’ensemble est à la fois spectaculaire et chaleureux.

Pendant ce séjour j’ai exploré à pied tout le centre historique de Strasbourg. On peut facilement parcourir dans tous les sens la « Grande Ile », nom de ce quartier principal car il est entouré d’eau de toute part (la rivière Ill et un de ses bras, le Fossé du Faux-Rempart). Inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO, la Grande Ile est un vrai raccourci de l’histoire de la ville, et j’ai passé des heures à m’y promener, de la cathédrale à la Petite France, sans oublier d’en faire le tour par les quais.

La cathédrale : mille ans d’histoire

Cet édifice incroyable par sa taille, la profusion et finesse de ses décorations, ainsi que sa belle couleur rouge-ocre, due au grès rose des Vosges, représente allègrement mille ans d’histoire. La première pierre de l’édifice (roman) fut posée en 1015, la nef était terminée en 1275, pour voir la façade et la flèche, dans le style gothique, il a fallu attendre le XVe siècle.

Pas facile à photographier lorsqu’on se trouve juste devant… mais il y a des endroits en ville d’où la cathédrale se dévoile véritablement : elle semble presque flotter au-dessus des toits !

Après la richesse de la façade, l’intérieur peut à première vue paraître austère. Il n’en est rien, ce sont de véritables trésors qui se révèlent les uns après les autres dans la pénombre : des vitraux du XIIIe siècle, une magnifique rosace d’un diamètre de 14 m datant du XIVe, des statues d’une grâce inégalable et bien sûr l’extraordinaire mécanique de l’horloge astronomique (1547), une merveille qui s’anime tous les quarts d’heures.

Prenant une grande respiration, je suis montée sur la grande plateforme de la façade principale, à 66 m de hauteur, soit 330 marches… et autant pour redescendre, bien sûr ! Là on se trouve au pied de la flèche qui culmine à 142 m (donc encore près de 80 mètres au-dessus de nos têtes), elle avait fait de la cathédrale de Strasbourg le plus haut bâtiment du monde pendant plusieurs siècles. Vue de là-haut, la vieille ville se présente comme un invraisemblable patchwork de maisons et de toits.

A la recherche des petits trésors

Un autre grand plaisir de ce séjour : flâner sans but dans les rues et ruelles de la Grande Ile, comparer les maisons à colombages, débusquer les plus belles sculptures sur les poutres, les plus jolies têtes surmontant des fenêtres ou les décorations de portes les plus insolites… et bien d’autres trésors insoupçonnés.

Et bien sûr il y a la célèbre maison Kammerzell, digne voisine de la cathédrale, qui porte magnifiquement ses presque 600 ans. Sa taille, ses 75 fenêtres aux vitraux en cul-de-bouteille, ses pans de bois richement ornementés avec de très nombreux personnages et une profusion de détails, en font une bâtisse vraiment exceptionnelle.

Petite France ou Petite Alsace ?

Ancien quartier des tanneurs et meuniers, parcourue de canaux de moulins et de navigation, la Petite France avec ses belles maisons à colombages est une véritable « Petite Alsace » condensée, très pittoresque et bien sûr très touristique. Impossible de ne pas succomber à son charme !

Le barrage Vauban

Ce pont-écluse de la fin du XVIIe siècle, long de 120 mètres, enjambe l’Ill dans toute sa largeur. En cas d’attaque, on pouvait fermer les vannes pour inonder les terrains situés au sud de la cité, et donc les rendre infranchissables par l’ennemi.

Une terrasse panoramique sur le toit du barrage offre de très jolies vues notamment en direction de la Petite France et des anciens ponts couverts et fortifications dont il ne reste que quelques tours. Au loin, la cathédrale domine la ville… quelle vue !

La liste des découvertes serait encore longue… Laissez-moi juste ajouter que les vins alsaciens et la cuisine régionale étaient aussi de la fête, ainsi que quelques flocons de neige le dernier matin, et vous comprendrez que je garde un excellent souvenir de mon séjour dans la capitale de Noël !


Créé en 1570, le Christkindelsmärik, le “Marché du petit enfant Jésus” de Strasbourg est le plus ancien marché de Noël en France (dans la tradition protestante, c’est l’enfant Jésus qui apporte des cadeaux aux enfants sages). Au fil des années et des siècles, le marché a connu plusieurs emplacements et configurations ; aujourd’hui il dure un mois, à partir du premier dimanche de l’Avent. La ville a toujours eu à cœur que ce marché ait une bonne tenue ; un arrêté municipal de 1863, par exemple, règle très précisément les installations et obligations des « Foires d’hiver dites de bimbeloterie et de Noël« , et depuis quelques années une commission veille à ce que les produits proposés restent en adéquation avec les traditions alsaciennes de Noël. En 1992 Strasbourg se proclame « Capitale de Noël » et le marché de Noël devient un atout touristique majeur : chaque année, on recense jusqu’à deux millions de visiteurs en décembre. En 2020, pas de marché pour cause de pandémie, en 2021 règles sanitaires strictes au moment où une nouvelle vague de COVID arrive en France. Et la sécurité est prise très au sérieux, avec plus de 700 policiers et militaires mobilisés en ville et autour des marchés : l’attentat terroriste de 2018 faisant 5 victimes et onze blessés au marché de Noël est encore dans toutes les têtes.


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