Mon Abécédaire italien, premier volet

En septembre 2024 j’ai eu la chance et le bonheur de voyager à nouveau en Italie, de la Sicile à la Lombardie. C’était mon cinquième ou sixième voyage dans ce pays que j’aime beaucoup. Visites, promenades, découvertes culturelles, gastronomiques, linguistiques… en Italie, ces richesses me semblent quasiment inépuisables !

Et qu’est-ce que je fais quand j’aime un lieu, un pays ? Un abécédaire, tiens (voyez ce que j’ai déjà fait pour l’Australie) ! Une façon de me souvenir de choses vues, de choses apprises, de choses aimées, et de choses à partager.

Voici donc le premier des trois volets de Mon abécédaire italien : de A comme Apéro à H comme Hauteur.

Apéro

Soyons honnêtes, pendant les vacances, on s’accorde plus volontiers une pause apéro (avec modération, bien sûr !). En Italie, c’est tellement agréable de s’installer sur une piazza animée ou face à la mer, en dégustant un verre de pinot grigio, une birra alla spina (bière pression) bien fraîche… ou un spritz. Ce cocktail, vénitien à l’origine et encore peu connu en dehors du nord de l’Italie il y a 20 ans, est devenu un vrai phénomène de mode bien au-delà des frontières italiennes, grâce au marketing de la société qui a racheté la fameuse liqueur rouge qui est la base traditionnelle du spritz.

En Italie il est vraiment partout. Autour des marchés à Palerme ou dans les rues animées du centre de Naples, le spritz est vendu à emporter, à des pris défiant toute concurrence, dès 1,50 ou 2 euros. J’ai même vu une variante Maradona ! Aurait-elle été mixée par « la Main de Dieu »… ?

Bateaux

L’Italie développe environ 7 500 km de côtes (soit 2 000 de plus que la France métropolitaine) sur les mers Tyrrhénienne et Adriatique. La mer n’est jamais très loin, et les bateaux font partie du quotidien en Italie. Bateaux de pêche et embarcations touristiques, ferries et voiliers, ici et là un paquebot de croisière (j’ai souvent reconnu du « made in Saint-Nazaire »), à Venise les gondoles et vaporettos… les bateaux, tous les bateaux, sont omniprésents. Cela vaut bien un petit diaporama !

Campanile

Un campanile (le mot vient de campana, italien pour cloche) est tout simplement le clocher d’une église. La plupart du temps, les campaniles ne font pas partie du bâtiment de l’église, comme chez nous, mais sont érigés séparément, à côté. Et c’est ainsi depuis plus de mille ans ! Un célèbre campanile, celui de la basilique Saint-Marc à Venise, a été construit à partir du 9e siècle pour trouver sa forme définitive au 16e.

Mais celui que nous voyons aujourd’hui n’a même pas 150 ans ; le campanile d’origine s’est en effet effondré en 1902. Je n’ose pas imaginer l’effroyable bruit qu’a dû faire cette tour en s’effondrant sur elle-même (sans faire de victimes, heureusement) ! Très vite le campanile a été reconstruit à l’identique avec toutefois une structure renforcée. A faire absolument : prendre l’ascenseur pour monter tout en haut de ce campanile qui culmine à 99 mètres pour bénéficier de vues spectaculaires sur un paysage urbain unique au monde.

Le campanile certainement le plus photographié au monde est une tour qui présente un sérieux raté : elle penche ! Eh oui, c’est la fameuse Tour de Pise. La ville de Pise, une république maritime au Moyen-Age, était tellement riche et puissante que le campanile de la cathédrale se devait de refléter cette prospérité. Hélas… dès le début de la construction en 1173, la tour a commencé à pencher, un mouvement qui s’est accentué, tout doucement, au fil des siècles mais a fini par se stabiliser. Aujourd’hui il paraît même que le mouvement s’inverse, là aussi tout doucement. Mais la tour penche bel et bien : sa hauteur est de 55,86 m côté sud et de 56,71 m côté nord !

Duomo et dôme

Cathédrale se dit duomo en italien. Pour compliquer un peu les choses, un duomo peut avoir… un dôme ! Mais ce que nous appelons dôme est en italien une cupola. Le premier dôme de grande dimension, conçu en 1436 par Filippo Brunelleschi, couronne le duomo de Florence. Le poids de ce chef d’œuvre est estimé à 37 000 tonnes. Plus de quatre millions de briques ont été nécessaires pour la construction de ce qui est toujours la plus grande coupole maçonnée du monde.

Mais revenons au duomo. Peut-être le plus étonnant que j’ai vu est celui de Milan, une véritable montagne de marbre blanc. Le début de la construction de cette cathédrale date de 1386, mais elle n’a été achevée que plus de cinq siècles plus tard, dans les années 1930. Environ 3 400 statues dont 2 300 à l’extérieur ornent l’édifice.

Les dimensions de l’intérieur sont impressionnantes ; la longueur est de 148 mètres et la nef principale s’élève jusqu’à une hauteur de 45 mètres.

Je ne savais pas où donner du regard, vers le bas pour admirer le pavage du sol en marbres de différentes teintes – on dirait un tapis surdimensionné – qui date du 16e siècle, ou vers le haut, vers des chapiteaux monumentaux et richement ornés comme je n’en avais jamais vus.

Ah oui, j’ai oublié de vous dire : c’est tout simplement la troisième plus grande église du monde

Etals

Si vous avez déjà séjourné à Palerme, ces noms vous disent certainement quelque chose : Ballarò, Capo, Vucciria et Borgo Vecchio. Oui, ce sont les plus grands et plus anciens marchés qui occupent les rues de la ville, formant presque des quartiers à part entière, et ce depuis fort longtemps. Le marché du Ballarò remonterait même au 10e siècle !

Mais aucun besoin de connaissances historiques pour explorer ces marchés. Il suffit de se laisser porter par le flux des Palermitains (et pas mal de touristes) ; regardez, sentez, écoutez, dégustez aussi, car d’innombrables stands invitent à goûter les spécialités siciliennes. La cuisine de rue de Palerme est considérée comme particulièrement savoureuse. J’avoue que j’ai un faible pour les arancine, ces boulettes de riz farcies et frites, mais que je passe mon chemin devant les poulpes…

Fresques

La fresque est une technique particulière de peinture murale qui se fait al fresco, c’est-à-dire sur un enduit qui n’est pas encore tout à fait sec. Obligés de travailler très vite, les peintres doivent faire preuve d’une habileté particulière.

J’ai vu des exemples magnifiques de fresques, dont certaines antiques, comme dans le musée du site archéologique de Paestum, dont j’aurai l’occasion de reparler. J’y ai passé un long moment devant les fresques dites « de la tombe du plongeur ». Elles dateraient de 480 ou 470 avant notre ère…

Les fresques de Pompéi sont mondialement célèbres. J’avoue que c’est à chaque fois un choc de se trouver devant ces murs où bien souvent les couleurs et les traits sont quasiment intacts. Ces peintures n’ont pas toutes été réalisées à la même époque, selon la date de construction des maisons, mais toutes ont été figées à tout jamais un funeste jour d’automne en l’an 79 de notre ère…

L’âge d’or des fresques en Italie s’étale du 14e au 16e siècle. Un exemple parmi tant d’autres : cette œuvre gigantesque peinte à l’intérieur de la coupole du duomo de Florence. Plus de 700 personnages peuplent cette fresque de 3 600 m² sur le thème du « Jugement universel », peinte de 1572 à 1579, par Giorgio Vasari jusqu’à sa mort en 1574 puis par Federico Zuccari.

Aujourd’hui, avec le street art et le muralisme, le terme fresque désigne souvent la peinture murale en général. J’ai trouvé très émouvante cette grande fresque dans le port de Palerme, signée Rosk et Mirko Loste, qui rend hommage aux juges Giovanni Falcone et Paolo Borsellino, assassinés par la Cosa Nostra à quelques mois d’intervalle en 1992.

Et enfin je voudrais vous montrer quelques exemples d’un art de fresques populaire que j’ai découvert sur les murs du centre historique de Salerne, une agréable ville portuaire au sud de Naples. Faisant fi de la perspective et de la nature du support, des artistes locaux expriment ici leur attachement à leur ville et à la côte amalfitaine (et apparemment, pour l’un d’entre eux, à la Fiat 500). Quel plaisir de les dénicher au fil des ruelles !

Gondoles

« Gondola, gondola ! » : c’est ainsi que vous interpellent les gondolieri autour des stations de gondoles à Venise pour vous proposer une promenade à bord de leurs élégantes barques. Autrefois moyens de transport des riches familles vénitiennes, les gondoles sont aujourd’hui prises d’assaut par les touristes. Venise sans un tour en gondole ? Inimaginable pour certains, mais j’avoue que cela ne me pose aucun problème ! J’aime autant les regarder passer et admirer les mouvements et l’habileté du gondolier.

Hauteur

Prendre de la hauteur : cela semblait être une obsession du Moyen-Age italien, comme on l’a déjà vu pour les campaniles. Mais c’était aussi la devise de certaines grandes familles qui se sont lancées dans la construction de hautes tours afin d’affirmer puissance, richesse et prestige. En cas de conflits (fréquents), ces tours constituaient aussi un refuge pour la famille et permettaient de mettre les biens en sécurité. Voici deux exemples en Toscane.

San Gimigniano, près de Sienne, a été une ville commerçante très riche notamment aux 10e et 11e siècles, une époque où pas moins de 75 tours rivalisaient de hauteur. Aujourd’hui, dans cette petite ville où le temps semble s’être arrêté, il reste encore 13 tours demeurées intactes (photo de gauche). Près de Pise, à Lucques (Lucca), la tour des Guinigi, érigée au 14e siècle par une famille riche et puissante, s’inscrit dans la même histoire. Cette tour fait environ 45 mètres de haut, une hauteur rehaussée encore quelque peu par les arbres qui poussent sur la terrasse du toit (photo de droite).

Enfin, à Florence, c’est la la République florentine qui a fait construire le Palazzo Vecchio, ce palais-forteresse, fin 13e, début 14e siècle avec sa tour qui atteint la belle hauteur de 95 mètres. Une tour très haute… et je dirais même très hautaine !


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