Mon Abécédaire italien, deuxième volet

Et voici la suite de mon Abécédaire italien : de I comme Iles à P comme Pizza, pasta, piadina.

Iles

Les îles italiennes sont célèbres et font rêver : Sicile, Capri, Sardaigne, Ischia, Stromboli, Procida… mais je voudrais m’arrêter aux îles vénitiennes. Oui, Venise est un fait un véritable archipel qui se compose de 118 petites îles. 177 canaux les séparent, et plus de 400 ponts les relient ! Sans compter les îles et îlots de la lagune…


J’aime particulièrement la Giudecca, cette île toute en longueur (composée elle-même de plusieurs îles !), séparée du reste de la ville par le canal de la Giudecca justement. J’y ai logé lors de mon dernier voyage à Venise. Ici on ne peut pas partir directement à pied pour une nouvelle journée de découvertes ; le vaporetto est obligatoire pour « aller en ville » et la courte marche jusqu’à l’arrêt le plus proche fait partie des rituels du matin.

Et le soir c’est un bonheur, après une journée dans la foule qui se presse un peu partout à Venise, de retrouver le calme de la Giudecca !

Jaune (et beaucoup d’autres couleurs)

Ça, c’est du jaune qui en jette (une maison à Burano, on en reparle plus loin) !


C’est vrai, il y a beaucoup de couleurs dans les villes italiennes. A Naples, j’ai aimé ce joli jeu de couleurs où le jaune et le rose se répondent, séparés par une bande de ciel du bleu le plus pur.


Venise semble avoir une prédilection pour le rose…


… et la petite île de Procida, dans la baie de Naples, déploie toute une palette de couleurs pastel.


Mais je n’en connais qu’une qui offre une véritable explosion de couleurs éclatantes. Je parle bien sûr de Burano, sur son île dans la lagune de Venise. On ne sait pas exactement pourquoi cette tradition a commencé – utilisation de fonds de peinture pour les bateaux ? aider les pêcheurs à retrouver leur maison dans la brume ? -, mais elle perdure. D’ailleurs les habitants de Burano doivent veiller à ce que les façades soient toujours impeccables, quitte à les repeindre tous les ans ou presque.

K-way

Il pleut ? Pas de problème ! Comme par miracle, les vendeurs de rue, très nombreux autour des sites touristiques, font apparaître immédiatement des parapluies, casquettes et ponchos de pluie. Lors de mon voyage d’un mois en Italie, en septembre 2024, j’ai eu beau temps presque en permanence… sauf à Rome. Achat obligatoire donc d’un poncho, bien pratique, avant de visiter le Colisée sous un ciel plombé. Les seules taches de couleur provenaient des ponchos, k-ways et autres parapluies !

Linge

Pas question d’ être voyeurs, bien sûr, mais comment ne pas lever la tête vers ces innombrables fils à linge tendus entre deux immeubles ou le long d’une façade ? A Naples, Venise et Burano, où j’ai pris ces photos, le linge se lave peut-être en famille mais sèche aux yeux de tous.

Mosaïques

Quelques-uns des moments les plus marquants de mon dernier voyage en Italie, je les dois aux mosaïques de Ravenne. Cela faisait longtemps que nous avions Ravenne, une ville du nord de l’Italie, sur notre liste. A première vue rien ne distingue cette ville d’environ 155 000 habitants mais elle cache des trésors inouïs : des bâtiments religieux des 5e et 6e siècles de notre ère, dont les intérieurs regorgent des mosaïques les plus sublimes que l’on puisse imaginer. A cette époque, l’ancien Empire romain était séparé en deux parties, empire d’Occident et empire d’Orient (empire byzantin), et c’est Ravenne que l’empereur byzantin Justinien (527-565) choisit comme capitale. L’empereur est représenté avec sa suite sur cette mosaïque de la basilique San Vitale (6e siècle), une des plus célèbres que beaucoup d’entre nous ont connue dans nos livres d’histoire.


Dans la basilique, une autre grande mosaïque lui fait face : la représentation de Théodora, épouse de Justinien, et de sa suite. On dirait des peintures, tellement les visages, les parures, les tissus sont rendus avec une incroyable finesse comme on peut le voir sur ce détail du panneau :

D’autres églises, baptistères et mausolées de la même époque ne sont pas en reste. En ce qui me concerne, j’ai ressenti une vive émotion devant ces œuvres d’art qui ont été créées il y a 1 500 ans et plus et qui ont gardé tout l’éclat des dorures et des couleurs…

Et j’ai été surprise de voir que les mosaïques constituent non seulement un patrimoine du passé dont les habitants de Ravenne sont fiers, à juste titre, mais aussi un patrimoine vivant, qui évolue : la mosaïque est partout ! J’ai vu de nombreuses plaques de rue, enseignes de commerces, œuvres d’art en mosaïque dans l’espace public.

Nuit

Quel plaisir, le soir venu, de s’immerger dans les rues, ruelles et places des villes italiennes qui bruissent de monde ! Attablés sur une terrasse ou faisant la queue devant leur pizzeria préférée, les Italiens (et tous les autres, bien sûr) profitent de la douceur du soir et du spectacle permanent dans la rue. Ces photos ont été prises à la mi-septembre à Palerme, Salerne et Naples.


Ailleurs, j’ai traversé des îlots de calme avant de retrouver des places animées : une trattoria tranquille au bord d’un canal à Venise…


le Ponte Vecchio à Florence qui a fermé ses boutiques pour la nuit…


ou toujours à Florence des promenades romantiques en bateau sur l’Arno.

Opéra

L’opéra tient une place particulière au cœur des Italiens, et ce n’est pas une légende ! A Palerme, où j’ai passé deux jours l’an dernier, je suis restée bouche bée devant l’impressionnant Teatro Massimo (le Grand Théâtre), le plus grand opéra d’Italie !


L’extérieur à lui seul est déjà imposant, je n’ose pas imaginer le faste et les dimensions des intérieurs (malheureusement les visites guidées étaient complètes). Construit entre 1875 et 1891, le Teatro Massimo comporte en plus du théâtre proprement dit, des salles de réception, des galeries, des escaliers monumentaux. La salle peut accueillir 1 640 spectateurs, et la scène contenir jusqu’à 700 acteurs-chanteurs ! Bref, si j’ai l’occasion de retourner à Palerme, la visite de l’opéra sera sur ma liste de choses à faire absolument.

Pizza, pasta, piadina

Qu’elle était délicieuse, la grande pizza diavola accompagnée d’un verre de rouge… Je l’ai dégustée sur une terrasse à Palerme, le premier soir des vacances, trois heures à peine après avoir décollé de Nantes sous la pluie ! Mais la carte que j’explore le plus dans les petits restaurants, c’est celle des primi, et essentiellement les pâtes. Je me régale de spaghetti aglio, olio e peperoncino, penne all’arrabbiata, papadelle al ragù tradizionale, voire de spécialités locales comme les casoncelli à Bergame, des pâtes farcies servies avec du lard croustillant ou de ces intrigants fusi al refosco con salsiccia e porcini, dégustés à Trieste…


Pour en revenir à la pizza, à Naples j’ai découvert la pizza fritta, ou pizza frite. Au cœur d’un des quartiers populaires de Naples, installés sur une minuscule terrasse – deux tables bancales – nous avons commandé une pizza fritta sans trop savoir ce que c’était… et nous avons vu arriver une pizza repliée sur elle-même, gonflée comme un ballon !


Cette pizza à pâte très fine, qui peut être garnie à la mortadelle, la tomate, la crème, la mozzarella ou tout ce qu’on veut, est frite dans un bain d’huile bouillante. Son invention daterait de l’immédiat après-guerre lorsqu’il était impossible à Naples de trouver du bois pour faire chauffer correctement les fours à pizza. Aujourd’hui elle fait partie du « street food » napolitain, et se mange de préférence avec les mains.

Autre spécialité, là aussi à manger dans la rue ou en tout cas sur le pouce : la piadina romagna, spécialité de l’Emilie Romagne comme son nom l’indique. Je l’ai découverte à Ravenne où elle est préparée dans des stands ou restaurants à emporter un peu partout en ville. La piadina est une sorte de crêpe assez épaisse et croustillante, repliée sur sa garniture. Au choix : jambon, fromage, roquette, légumes grillés… le choix est vaste. Buon appetito !


> A lire aussi le premier volet de mon Abécédaire italien, De A comme Apéro à H comme Hauteur.

> Ainsi que le troisième et dernier, De Q comme Quartier à Z comme ZTL.

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