Un tour à Pise

A l’automne 2019, j’ai eu la chance de passer quelques jours à Pise, en Toscane. Quelques années auparavant, lors d’un séjour à Florence, j’y étais déjà passée « en coup de vent » pour voir la torre pendente, littéralement la « tour qui penche ». Depuis je n’avais qu’une envie : retourner à Pise et découvrir tout cet ensemble connu sous le nom de Piazza dei miracoli. Et quel ensemble : une cathédrale datant de la fin du 11e siècle, un baptistère du 12e , un cimetière monumental, le Camposanto, réalisé entre le 13e et le 15e siècle… et bien sûr une certaine tour qui penche !

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Le tout est magique, unique, impressionnant, émouvant, surtout quand on peut y déambuler avant ou après les hordes de touristes (même en octobre, lorsque j’ai fait ce voyage, il y avait beaucoup de monde). Comme l’hôtel où je logeais était juste de l’autre côté de la rue, j’ai pu profiter de moments calmes et m’imprégner de cette ambiance extraordinaire autant de fois que je le souhaitais. La place est d’accès libre, y compris en soirée ; pour visiter les monuments, il existe différentes formules de tickets combinés.

Venant de mon hôtel, il fallait d’abord se frayer un chemin par les « marchands du temple »…

… avant de découvrir cette vaste esplanade couverte de pelouse, sur laquelle sont posés des bâtiments religieux parmi les plus beaux que j’avais jamais vus. L’ensemble est monumental (il dit bien toute la puissance de Pise aux 11e et 12e siècles), et en même temps extrêmement harmonieux. Le marbre blanc est éblouissant au soleil, d’un blanc tranché sous un ciel gris, et d’une teinte dorée absolument irrésistible sous le soleil de la fin d’après-midi…

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Avec 110 m de circonférence, le Battistero est le plus grand baptistère en Italie. A regarder de près, on se rend compte qu’il réunit les styles roman et gothique : normal, sa construction a duré 250 ans, pour être terminé en 1260. L’intérieur est très dépouillé, et conçu autour d’une grande cuve baptismale de forme octogonale.

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J’ai adoré cette vue depuis le baptistère sur la cathédrale, le Duomo, dont la façade est un chef d’oeuvre d’équilibre de colonnes, de mosaïques de marbre, de dentelle de pierre… Commencé en 1064, c’est un des plus beaux exemples du style roman pisan.

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L’intérieur de la cathédrale est très richement orné ; les énormes mosaïques me faisaient penser à la basilique Saint-Marc de Venise.

Mon lieu préféré : le Camposanto, le cimetière monumental. Calme, beauté, lumière… Le Camposanto se présente comme un très grand cloître aux arcades gothiques finement travaillées.

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On marche sur des pierres tombales médiévales et Renaissance (enfin on essaye plutôt de ne pas trop marcher dessus).

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Les fresques du 14e siècle sont extraordinaires. Malheureusement, pendant la guerre une bombe a fait de gros dégâts, en juillet 1944. Je ne sais pas pendant combien d’années les restaurateurs seront encore à pied d’oeuvre, il y a des centaines de mètres carrés de fresques sur les murs du Camposanto, en plus ou moins bon état.

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Des sarcophages romains et étrusques ajoutent à l’ambiance complètement hors du temps qui règne dans ce lieu.

Il ne manque pas quelque chose… ? Mais oui, « la » Tour, la Torre pendente ! En effet, elle penche drôlement. On n’en croit pas ses yeux !

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La construction de la tour, en fait le campanile de la cathédrale, a commencé en 1173, et dès que le 3e étage était atteint, elle aurait commencé à pencher, à cause d’un sous-sol extrêmement instable. Aujourd’hui elle est stabilisée ; pour au moins un siècle semble-t-il… Mais l’angle est impressionnant. D’ailleurs la hauteur n’est pas la même partout : 55,86 m côté sud, et 56,71 m côté nord ! Et comme vous pouvez le voir, selon la perspective, l’angle paraît plus ou moins accentué.

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Activité préférée de la plupart des touristes : se faire prendre en photo en « retenant » la tour.

La tour de Pise est non seulement insolite mais aussi très belle, avec ses colonnes et arcades qui ornent la façade. A l’intérieur elle est toute creuse. Le nombre de visiteurs dans la tour est bien sûr limité. Je ne suis pas montée, j’ai préféré tourner autour, essayer de voir ce monument incroyable sous tous les angles possibles.

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Pise est une ville très agréable, décontractée, avec ses milliers d’étudiants. Des rues bordées d’immeubles Renaissance et de palazzi discrets, bars et restaurants sympathiques à foison, églises, musées, vestiges… J’y ai fait de belles découvertes, ne serait-ce que sur les murailles des anciens remparts qui permettent de faire un grand tour dans et au-dessus de la ville.

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Mais toujours je suis revenue à la Piazza dei miracoli, l’émotion intacte…

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Je précise que n’ai pas utilisé le « vrai » nom de cette place, Piazza del Duomo, place de la Cathédrale. C’est l’écrivain Gabriele d’Anunzio qui, en 1910, a forgé l’expression Piazza dei miracoli, place des Miracles. Un nom qui va parfaitement à cet ensemble, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1987.

 

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