Lorsque vous vous promenez à Saint-Nazaire du côté du port ou le long du front de mer, sur la promenade Joël Batteux, vous pourriez vous croire dans une ville toute plate qui s’élève à peine au-dessus du niveau de la mer. Or il suffit de continuer le front de mer jusqu’au bout, Villès-Martin puis Kerlédé, pour vous rendre compte que petit à petit ça monte… et bientôt, sur le chemin des Douaniers, vous dominez l’estuaire et l’océan de 6 à 8 mètres. Plus loin, dans le secteur de Saint-Marc-sur-Mer, vous trouverez des falaises d’une bonne vingtaine de mètres, les plus hautes de Saint-Nazaire.

À admirer de loin…
Certes, on est loin des plus hautes falaises dans l’ouest de la France : 128 m pour le Nez de Jobourg dans le Cotentin ! A Plouha dans les Côtes d’Armor ou encore à Etretat (Seine-Maritime), les falaises culminent à une centaine de mètres ; quant à la célèbre Pointe du Raz, elle atteint environ 60 mètres. Mais 20 mètres, cela représente déjà la hauteur d’un immeuble de 5 ou 6 étages !
La présence des falaises rend le littoral nazairien assez spectaculaire, autant pour le panorama de la côte que pour les vues qui s’offrent d’en haut, notamment le long du GR34 (chemin des Douaniers).



Vues depuis l’eau, c’est aussi pas mal du tout.

Les falaises nazairiennes présentent des aspects très divers : ici rocheuses et abruptes, là couvertes d’une épaisse végétation, faisant le dos rond…


Parfois elles délimitent de petites criques tranquilles.

Lors des tempêtes, les falaises sont au cœur du spectacle, lorsque les vagues se jettent furieusement sur elles au plus grand plaisir des photographes !
Sans oublier les couchers de soleil en bord de mer…

… et de très près !
Et si vous tourniez pour une fois le dos à la mer pour observer de près une falaise (vérifiez tout de même d’abord que vous n’êtes pas dans une zone où vous risquez de prendre des pierres sur la tête) ? Un jour je me suis amusée à regarder attentivement les falaises autour d’une plage, en l’occurrence celle de la Petite Vallée, et je me suis rendue compte d’une incroyable diversité dans les formes, couleurs, surfaces, matières.
Vu de près, cela donne des « portraits » insolites où parfois des mouvements semblent s’être figés dans la pierre, gardant la mémoire de très anciens bouleversements…
Attention, danger !
Mais la pierre est parfois plus fragile qu’il n’y paraît. J’ai pu interroger Stéphane Le Naour, agent territorial à la CARENE (intercommunalité de Saint-Nazaire et sa région), chargé de la surveillance et de l’entretien du chemin côtier. Les falaises, il les connaît sur le bout des doigts. Si sur certains sites, comme par exemple la pointe de Chemoulin, on trouve du granit durable et résistant, ce n’est pas le cas partout, explique-t-il : « Les falaises bordant le trait de côte sont composées essentiellement de gneiss, roche dont la composition est identique à celle du granit, mais différente dans sa structure ce qui la rend plus altérable ». Et donc plus vulnérable aux risques d’éboulement.
Ces risques sont surtout liés aux périodes de fortes pluies. Le ruissellement de l’eau qui s’infiltre dans les moindres anfractuosités de la roche peut en détacher des blocs plus ou moins grands, ou même faire tomber des arbres dont les racines tiennent en partie la falaise. Ainsi, en vous promenant sur le chemin côtier, vous verrez à certains endroits des pancartes indiquant des dangers d’éboulement. Il vaut mieux les respecter ! Une section du chemin est même devenue dangereuse ; elle a été complètement fermée et une déviation par l’intérieur des terres mise en place.

La CARENE suit de près les évolutions des falaises pour sécuriser le chemin des Douaniers et aussi les plages en contre-bas. Des pans de falaise sensibles ont été consolidés avec de gros blocs de roche, d’autres couverts de filets métalliques voire même d’une couche de béton pour les stabiliser et les maintenir en place.

Donc, profitez de cet environnement exceptionnel… mais avec respect et prudence !
Etudes en cours. – Un autre phénomène naturel concerne les falaises : l’érosion sous les assauts de la mer. Ses effets sont très lents, ils se mesurent en quelques millimètres par an ; mais ici et là des cavités qui se creusent sous une falaise montrent que l’ensemble risque d’être fragilisé à plus ou moins long terme. Stéphane Le Naour de la CARENE précise que des études sont en cours avec les services du CEREMA (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) sur l’ensemble des risques « afin de définir l’impact du recul du trait de côte sur les habitations et certains quartiers, ainsi que les différentes actions envisageables ».



























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