I comme… L’Immaculée

Connaissez-vous le plus grand quartier de Saint-Nazaire ? C’est L’immaculée, avec un peu plus de 50 % de la surface totale de la ville ! Ce quartier très étendu va de la Cité sanitaire au port du Vivier, du Tumulus de Dissignac à la zone tertiaire et industrielle de Brais… et il est même limitrophe de cinq communes (Pornichet, La Baule, Saint-André-des-Eaux, Saint-Joachim et Trignac). C’est parti pour la découverte de quelques incontournables de ce quartier aux multiples visages qui saura peut-être vous surprendre !

Cet article sera aussi l’occasion de vous présenter les Greeters de Saint-Nazaire puisque j’ai fait une balade avec un Greeter pour découvrir certains lieux que je ne connaissais pas encore. Je vous en dirai plus à la fin de l’article.

Un lac, un étang et un réservoir

Lorsqu’on évoque L’Immaculée, on pense souvent spontanément au lac du Bois-Joalland, sa base nautique et ses chemins de promenade. Mais saviez-vous que ce lac n’a qu’un peu plus de cent ans ? Il a été créé en 1917/18 dans le cadre de la « conquête de l’eau » de Saint-Nazaire. De l’eau douce, je précise, car c’est cela qui faisait cruellement défaut à la fin du 19e et au début du 20e siècle, à la fois comme eau potable et pour faire fonctionner les machines à vapeur. J’explique tout cela à la fin de mon article de blog consacré au Bois-Joalland. Aujourd’hui ce joli lac n’est plus source d’eau potable pour Saint-Nazaire mais une zone de promenade et de loisirs très appréciée.

Qu’est-ce que vous préférez : ambiance hivernale ou printanière ? Les deux ont leur charme, je trouve…


Plus petit et plus secret que le Bois-Joalland, l’étang de Marsain est situé à la sortie de L’Immaculée, direction Saint-André-des-Eaux. Il se livre assez facilement à la promenade… mais il faut connaître l’accès ! Vous avez deux possibilités : à partir d’un petit parking sur le bord de la route du Point du Jour, la D47 ou, sur la rive en face, depuis le chemin des Pêcheurs. Vous pouvez tranquillement longer ce petit lac à pied sur environ les trois quarts, entre les deux accès justement, mais il n’est pas possible d’en faire le tour complet.


Il s’agit là aussi d’un étang artificiel, creusé entre 1883 et 1885, autre témoin de cette histoire d’eau qui a été si longtemps cruciale pour Saint-Nazaire, au point de provoquer des crises municipales et même la démission d’un maire, en 1909. L’approvisionnement de la ville en eau de qualité n’a été assuré qu’à partir des années 1920 !

Pas loin de là se trouve un autre plan d’eau, encore plus secret, le réservoir de Marsain, qui existait déjà à la fin du 19e siècle mais qui a alors été agrandi et aménagé. Il n’y a pas de chemin matérialisé pour y accéder et le longer.

Le port du Vivier, porte de la Brière

Saint-Nazaire est une des communes de Brière, et la partie nazairienne de Brière se situe justement dans le quartier de L’Immaculée. Un endroit que j’aime beaucoup c’est le port du Vivier, à côté du centre équestre du Sabot d’Or.

Ce petit port de Brière, plutôt confidentiel à côté de La Chaussée Neuve ou de Bréca, est un lieu très agréable, aménagé pour le pique-nique et même le barbecue. Il constitue un point de départ pour de belles promenades tranquilles en lisière du marais de Brière. Ou pour se lancer sur le Tour de Brière, un GRP (chemin de grande randonnée de pays) de 67 km qui passe tout près. Mais attention, la promenade n’est pas garantie toute l’année : j’ai vu le chemin sous les eaux plus d’une fois.

Et parfois on peut faire de jolies rencontres :

Le tumulus de Dissignac

L’Immaculée possède même un monument historique : le tumulus de Dissignac, dans la partie ouest, vers Pornichet. Ce monument remarquable témoigne d’une présence humaine ici dès le néolithique puisqu’il a été construit il y a environ 4 000 ans avant notre ère. Deux étroits couloirs d’accès mènent à deux chambres funéraires à l’intérieur du tumulus. L’une des chambres présente une dalle de couverture ornée de symboles gravés dont la signification reste encore mystérieuse.

Le tumulus est ouvert à la visite en juillet et août et lors des Journées européennes du patrimoine en septembre (toutes les infos sur le site de Saint-Nazaire Renversante).

L’église et ses vitraux

Retournons dans le bourg, un bourg qui n’existe d’ailleurs que depuis les années 1850. Pendant longtemps, il n’y avait que des fermes et hameaux dispersés sur le territoire de l’actuel quartier. Il faudra attendre la construction de l’église et la création de la paroisse L’Immaculée Conception en 1857 pour voir un village prendre forme autour du lieu de culte : habitations, écoles, commerces… Au début, l’église ne comportait que des vitres tout simples, en verre blanc. Des vitraux artistiques seront installés en 1933 mais ils ne survivront pas aux bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Les vitraux actuels datent du tout début des années 1950, ils sont l’œuvre du maître-verrier Gabriel Loire de Chartres dont l’atelier est réputé dans le monde entier.

Ces vitraux ont été réalisés dans la technique des pavés de verre colorés, enchâssés dans du béton (comme ceux de l’église Sainte-Anne à Saint-Nazaire que je présente ici). Epais de 22 millimètres, chaque verre a été travaillé à la main, martelé et bouchardé, pour créer une surface irrégulière et ainsi obtenir une meilleure diffraction de la lumière. Même par temps gris, les vitraux sont extrêmement lumineux et très beaux. Les 31 baies, qui représentent une surface totale de 53 m², ont été dessinées et réalisées par le maître-verrier lui-même. Elles racontent surtout la vie de la Vierge mais quelques vitraux rendent aussi hommage aux artisans qui ont reconstruit l’église entre 1948 et 1950.

Le camp de Beauregard

Notre promenade ressemble en fait à un voyage dans le temps : la préhistoire, le 19e siècle, les années 1950… et on va même passer par la période de l’occupation allemande. La base sous-marine, construite par l’armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale, se trouve à plusieurs kilomètres, pourtant les sous-mariniers allemands connaissaient bien ce coin de Saint-Nazaire puisqu’un camp de repos avait été construit spécialement pour eux à L’Immaculée, dans la forêt de Beauregard, en 1941.

Ici 600 sous-mariniers pouvaient se reposer entre deux missions dans l’Atlantique. Une piscine, des terrains de sports et des bâtiments dotés de douches et de baignoires (le grand luxe après des semaines passées dans un sous-marin !) étaient à leur disposition. En cas de bombardement, ils pouvaient s’abriter dans un grand bunker avec une dalle de plafond épaisse de deux mètres. Qu’est-ce qu’il en reste ? Quelques rares bâtiments à moitié en ruines, le château d’eau, ici et là au milieu de la forêt un bout de mur ou quelques marches qui ne mènent nulle part…


Cette atmosphère un peu mystérieuse est égayée par de multiples graffs. J’étais ravie de découvrir de grandes fresques des Oides que je n’avais jamais vues. Si vous ne connaissez pas encore les Oides, je les présente dans cet article.

Découvrir la ville avec un Greeter

Le concept des Greeters, evoqués au début de cet article, est né aux Etats-Unis ; Greeter vient du verbe anglais « to greet », saluer, accueillir. Ce sont sont des habitants d’une ville qui ont plaisir à accueillir des visiteurs comme s’ils accueillaient des amis. Ils (et elles) partagent leur passion et leurs connaissances afin de faire découvrir leur ville à travers les yeux d’un habitant.

C’est ainsi que Frédéric Chatal, Greeter depuis quelques années déjà, m’a emmenée à l’étang de Marsain et au camp de Beauregard. J’avais envie de compléter mes connaissances du quartier de L’Immaculée, et cela s’est fait de façon très informelle et amicale lors d’une balade. « Justement, nous proposons non pas des visites mais des balades. Il n’y a aucune concurrence avec les professionnels du tourisme, précise Frédéric. Personnellement j’aime beaucoup faire découvrir des quartiers moins connus, comme Méan-Penhoët ou L’Immaculée ».

Si vous avez envie de partir en balade avec l’un ou l’autre de ces « ambassadeurs du territoire », rendez-vous sur le site de Saint-Nazaire Renversante. Vous y trouverez toutes les informations pour réserver une balade selon vos centres d’intérêt. Bon à savoir : cette offre n’est pas réservée aux touristes venant d’ailleurs ; il arrive que des Nazairiens, curieux de leur ville, font appel aux Greeters pour mieux connaître tel ou tel coin de leur ville.

Ah oui, j’oubliais : les Greeters sont de vrais bénévoles, il n’y a aucune rémunération. Mais il n’est pas rare qu’une balade, appelée aussi un « Greet », se termine avec une conversation à bâtons rompus autour d’un café…


Je tiens également à citer le conseil de quartier de L’Immaculée qui a réalisé plusieurs panneaux sur le patrimoine du quartier, en collaboration avec la mission Ville d’Art et d’Histoire de la ville de Saint-Nazaire. Richement illustrés, ces panneaux traitent de l’histoire de L’Immaculée à travers des thèmes précis, comme par exemple la conquête de l’eau (voir détail du panneau ci-dessous), le bourg et l’église, le tumulus, l’habitat briéron etc… Il n’y a pas un parcours à proprement parler, mais vous trouverez ces panneaux à des endroits stratégiques pour la découverte de ces thématiques.


Laisser un commentaire

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑