P comme… Parc paysager

Lors de son aménagement au milieu des années 1950, la presse parlait volontiers du « futur Bois de Boulogne de Saint-Nazaire » ; aujourd’hui, certains le voient comme le « Central Parc de Saint-Nazaire »… Je n’irais pas jusque là, le Parc paysager est quand même 14 fois plus petit que son grand frère new-yorkais, mais il constitue un vrai cœur vert pour la ville, apprécié par toutes les générations.

Enfin, en ce moment (été 2026), le côté vert n’est pas évident car la canicule et la sécheresse ont été fatales à la verdure.

Un terrain de jeux de 25 hectares

Le Parc paysager s’étend sur environ 25 hectares, depuis l’avenue Suzanne Lenglen qui passe devant la CPAM jusqu’au skate park de la promenade Joël Batteux, au front de mer. Un beau et grand terrain de jeux ! Avec ses chemins pour la plupart ombragés, de beaux arbres et des bosquets, une butte, un petit lac et un cours d’eau, des prairies pour courir et jouer, ce parc s’inspire bien d’un paysage naturel, à l’opposé d’un jardin public avec massifs fleuris et gazon interdit. Bien sûr, vous trouverez aussi des bancs, des jeux pour enfants, des tables de pique-nique. Il y a même un parcours de golf miniature et la location de voitures à pédales pour enfants.

Le lac et son jet d’eau

Le petit lac avec son jet d’eau (tiens, personne n’a encore osé le « lac Léman de Saint-Nazaire » !) est apprécié de toute une population d’oies, de canards, de mouettes, de poules d’eau, auxquelles s’ajoutent parfois hérons ou martins-pêcheurs. Promeneurs et photographes savent aussi que ce plan d’eau sait se mettre en scène à différents moments.


Je reviens à la canicule et la sécheresse de cet été 2026 : le lac du parc ne s’en sort pas indemne, je ne l’ai jamais vu aussi bas, et même les oiseaux semblent perplexes…

Parc des quatre saisons

Vite, du vert ! A travers ces quelques photos prises au fil des années, à des moments différents, je vous propose du vert, des fleurs, des couleurs d’automne…


… et même du blanc ! Cette année, en janvier 2026, on a eu droit à une petite journée de neige. Autrement dit, il ne fallait pas rater les plus beaux moments ! Avec ce manteau blanc, sous un grand ciel bleu, le parc était magique.

Un nouveau souffle

Depuis quelques années, la ville multiplie les actions pour donner un nouveau souffle au parc. Au niveau de la biodiversité, on peut citer le prélèvement d’arbres malades, la plantation prévue de 300 arbres et arbustes particulièrement adaptés au sol et au climat, la gestion différenciée des espaces, la création de haies sèches… Différents équipements ont également été apportés, dont la réalisation la plus spectaculaire est sans doute le nouveau boulodrome couvert, avec une impressionnante architecture en bois.


Et il y a aussi quatre nouveaux habitants au parc ! Regardez comme ils sont beaux :

Ces animaux que je trouve très réussis ont été réalisés par le Collectif Artimuse, « sculpteurs de cagettes ». Regardez-les de près : des centaines de cagettes recyclées et peintes, fixées sur une structure, forment des animaux plus vrais – et plus grands – que nature.

Créés pour l’événement Côté Nature, organisé tous les deux ans au parc, le martin-pêcheur, le bourdon, l’écureuil et le pic vert sont maintenant à demeure ici. Un enrichissement bien sympa pour ce bel espace !


Zoom sur… le Grand Marais. – Pour les anciens Nazairiens, le quartier du Parc paysager est le Grand Marais. Eh oui, ici se trouvait jusqu’au 19e siècle une vaste zone marécageuse partiellement insalubre, avec des ruisseaux, un étier, des prés à vaches inondés l’hiver, des fermes… A l’issue de la Seconde guerre mondiale, environ 50 hectares furent comblés avec les gravats de la ville en ruines et du sable pompé dans l’estuaire. Cet apport de quelques 500 000 m³ de matériaux allait rehausser le sol de 4 à 8 mètres. Une grande cité de bungalows, permettant de reloger des familles sinistrées, a occupé une partie du futur parc pendant plusieurs années. Quant au parc à proprement parler, prévu depuis 1938, il a finalement été aménagé entre 1955 et 1960 sur près de 25 hectares, des installations sportives et équipements scolaires étant prévus sur l’autre partie de l’ancien marais.

Mais le Grand Marais a connu des animations bien plus tôt ! A partir de 1864, une partie de ce marais se transformait en hippodrome une fois par an. Il s’agissait en fait d’un grand pré, suffisamment vaste, plat et sec en été pour pouvoir y organiser des courses hippiques. C’est là aussi que les Nazairiens ont pu applaudir un spectacle inouï, le Wild West Show de Buffalo Bill, de passage à Saint-Nazaire dans le cadre de sa tournée européenne en 1905. Et je ne résiste pas au plaisir de vous citer un autre spectacle qui attirait du monde régulièrement entre 1903 et 1914 : les essais de l’aviette, une sorte de « vélo volant » construit par le champion cycliste Gabriel Poulain. Son but ? Démontrer qu’il était possible de s’élever dans les airs par la seule force musculaire. Et cela fonctionnait… un tout petit peu ! L’aviette ne volait ni très haut (1,50 m) ni très loin (le record était de 12,30 m) mais elle faisait gagner plusieurs prix à Gabriel Poulain (1884-1953) qui a maintenant sa rue. A côté du Parc paysager, bien sûr.

Mes sources pour ces précisions historiques : la brochure « Parcours du Grand Marais au Parc paysager », édité par le conseil de quartier et la mission Ville d’Art et d’Histoire de Saint-Nazaire, et l’ouvrage « Saint-Nazaire, la reconstruction (1945-1965) » de Noël Guetny et Bernard Billon.

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