S comme… street art

Voici des artistes qui peignent avec des aérosols ou avec des brosses et des rouleaux, juchés sur un échafaudage ou un chariot élévateur. Leurs supports : des murs de plusieurs dizaines de mètres carrés. Leurs œuvres donnent de la couleur aux murs de la ville, attirent notre regard, et parfois ne le lâchent pas de sitôt… A Saint-Nazaire, le street art se fait une place de choix depuis quelques années, pour notre plus grand plaisir.

Place à la créativité ! Avant de vous donner mes coups de coeur, voici quelques vues d’artistes au travail dans leur « atelier » à ciel ouvert (ci-dessous Matt Adnate, Ellen Rutt et La Robot de la Madera, et Inti en haut de la page).

Fascinant

Quel portrait ! C’est un chef d’oeuvre de l’artiste australien Matt Adnate, invité du festival Les Escales en 2018. Le regard de ce garçon aborigène, son sourire, me fascinent chaque fois que je passe devant. Matt Adnate, qui a partagé un temps la vie d’une communauté aborigène, veut que sa peinture nous saute aux yeux et nous interpelle (« I want it to leap out »). Pari largement réussi…

Unravel, à l’angle des rue Henri Gautier et des Frères Pereire, à proximité du Théâtre, de la Base sous-marine et du Ruban Bleu.

Enigmatiques

En 2015, trois artistes chiliens ont été les premiers graffeurs invités du festival Les Escales. Leurs œuvres sont à voir entre le port et l’estuaire de la Loire, de part et d’autre de l’avenue de la Vieille Ville. A travers le très beau et énigmatique personnage d’Exodus 2, l’artiste Inti évoque la migration de l’Afrique vers l’Europe (à gauche ci-dessous). Un pignon voisin accueille le travail de La Robot de Madera : Ofrenda est le portrait d’un étudiant tombé, comme tant d’autres, lors de manifestations en faveur de l’éducation au Chili (à droite).

En face de ces deux grandes œuvres, il faut se tourner vers le transformateur électrique entièrement recouvert par le graffeur Charquipunk. Jungle est un hymne à la jungle sud-américaine, une nature et une culture menacées.

Fiers

Originaires de Nantes, Félix et Marin Toqué, connu sous le nom Les Toqué Frères, ont beaucoup graffé dans les rues de Paris où ils affichent dans des calligraphies soigneusement surannées des messages souriants (« Le présent est un présent »…). Leur fresque visible au 73, boulevard de Lesseps, met en scène un paquebot stylisé, inspiré du célèbre Queen Mary 2, et clame haut et fort « De nos navires, nous sommes fiers ». Rien à ajouter !

Dansant

Ellen Rutt, venue de Detroit aux Etats-Unis, fait danser un pignon d’immeuble tout en hauteur (six niveaux !), au 10, rue Henri Gautier. Sa peinture abstraite, ludique et colorée, est pour elle une façon de représenter le festival Les Escales,  « tous ces gens venus d’un peu partout qui ne se connaissaient pas mais qui dansent et vivent ensemble le temps d’un week-end« . J’aime beaucoup le titre de l’oeuvre, Serendipity, ou « heureux hasard ».

A voir aussi…

Nardstar a laissé tout un jardin à Saint-Nazaire : ces fleurs sont des Fynbos, des fleurs typiques de l’Afrique du Sud, son pays natal (32 rue Henri Gautier).

Pour l’artiste brésilien Apolo Torres, la peinture est une façon de rendre tangibles des moments éphémères, comme la musique et les rencontres (Dialogues, 106, rue d’Anjou).

En coeur de ville, un aigle surdimensionné et une vague ornent une façade d’un bâtiment commercial, sur l’esplanade Nelson Mandela, œuvre de l’artiste chinois DALeast.

En haut du boulevard Léon Blum, a côté de l’école d’Arts et à quelques dizaines de mètres du front de mer, arrêtez-vous devant cette œuvre singulière, due à l’artiste espagnol David de la Mano.

Et la liste n’est pas exhaustive… Dans mon article sur le quartier de Méan-Penhoët j’ai déjà présenté le travail au pochoir de Jinks Kunst et le street art dans le cadre du festival Bouge !, organisé par la maison de quartier. Pour tout voir, téléchargez le plan édité par l’Office de Tourisme de Saint-Nazaire qui recense toutes les oeuvres.

Si la plupart de ces œuvres sont des commandes*, parfois de belles choses inattendues fleurissent sur un mur ici ou là, des cadeaux insoupçonnés. Certaines apparaissent et disparaissent, comme cette composition toute en nuances de gris que j’ai trouvée un jour sur un grand blockhaus à la pointe de l’Eve…

… et que je n’ai jamais revue car elle avait été recouverte par d’autres graffeurs.

Quant au beau marin ci-dessous, peint sur le mur d’un blockhaus près du port, il a malheureusement été dégradé depuis que je l’ai photographié. Cette peinture d’un graffeur inconnu est restée un peu mystérieuse… jusqu’à ce que j’apprenne que son auteur était un artiste serbe, Djuradje, en lisant sur le blog Inside My Backpack, l’étonnante histoire de Djuradje à Saint-Nazaire.


*Les œuvres de Matt Adnate, Inti, Robot de la Madera, Charquipunk, Nardstar, Ellen Rutt et Apolo Torres ont été réalisées grâce à un partenariat entre le festival Les Escales et SILENE (office HLM). Le QM2 des Toqué Frères est dû à une initiative de la blogueuse La Nazairienne et SILENE. Les œuvres de DALeast et David de la Mano ont pu se faire grâce à la Ville de Saint-Nazaire en partenariat avec la galerie parisienne Itinerrance.


Mais… il manque les Oides ! Pas d’inquiétude : je suis sur la trace des petits bonshommes bleus, ils feront bientôt l’objet d’un autre article.

4 commentaires sur “S comme… street art

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