B comme… balade portuaire

Des vues sur le port, l’estuaire et le large, sur des infrastructures impressionnantes et des bateaux grands et petits, cela vous dirait ? C’est parti pour une promenade autour du port de Saint-Nazaire en cinq étapes, et beaucoup d’endroits pour observer, s’étonner, photographier… !

Je propose de commencer devant le pont levant, au bout du boulevard René-Coty (voir à la fin de l’article les infos pratiques pour vous y rendre). Vous pouvez voir l’itinéraire sur cette carte ; le circuit principal (tracé bleu) fait environ 3 kilomètres, les options proposées (tracé rouge) ajoutent quelques centaines de mètres en plus. Ce n’est donc pas une longue randonnée sportive, mais à un rythme tranquille, avec de nombreux arrêts, vous pouvez facilement y passer une matinée ou une partie de l’après-midi.

Le port est intimement lié à l’histoire de Saint-Nazaire, quelques explications sur le contexte s’imposent donc. Pour ne pas trop allonger les textes, j’ai ajouté un petit résumé historique en bas de la page. Et j’ai intégré plusieurs liens vers des articles déjà publiés sur mon blog, où vous pouvez aussi trouver détails et explications.

Clin d’oeil à Tintin

Avant de commencer la promenade, arrêtez-vous quelques mètres avant le pont levant, à hauteur de l’arrêt de bus, et regardez ce grand panneau représentant une scène d’une aventure de Tintin. L’album Les Sept boules de cristal se passe en partie à Saint-Nazaire, et le périple de Tintin et du capitaine Haddock est retracé avec une série de vignettes géantes, la plupart autour du port (gardez les yeux ouverts, vous en verrez d’autres !). Sympa comme prélude à la balade, non ?

Les vignettes ont été installées par l’association de tintinophiles Les Sept Soleils.

1 – Autour du pont levant

On se retrouve donc maintenant devant le pont levant, ou pont basculant selon la terminologie officielle, un pont à la lourde structure métallique, qui a été construit en 1941 par les Allemands. Il est très impressionnant quand il se lève pour laisser la place aux bateaux qui entrent ou sortent du port.

Avancez jusqu’au milieu du pont levant : à votre gauche, le bassin de Saint-Nazaire, le premier bassin portuaire creusé entre 1845 et 1856, et à droite l’entrée sud du port dont la réalisation a nécessité 11 ans de travaux gigantesques au début du 20e siècle (voir mon article E comme écluse sud).

Faites demi-tour pour longer l’écluse par la rue du Port jusqu’au pont tournant, bleu-blanc-rouge.

Option avant de traverser le pont : contournez la capitainerie qui se trouve devant vous pour voir trois sculptures monumentales, installées tout début 2021, Le pied, le pull et le système digestif. Ces œuvres de Daniel Dewar et Gregory Gicquel font partie d’Estuaire, parcours d’art contemporain conçu par le Voyage à Nantes, le long de l’estuaire de la Loire.

Si vous le souhaitez, vous pouvez pousser encore quelques dizaines de mètres plus loin et faire un aller-retour sur la jetée ouest pour de belles vues sur l’avant-port et l’estuaire, avant de revenir au pont tournant.

2 – Autour du Vieux Môle

Traversez le pont bleu et profitez de la vue sur le beau bâtiment de l’ancienne usine élévatoire, surmontée de sa haute cheminée en briques. De 1911 à 1989 elle jouait un rôle très important, celui de réguler et maintenir à niveau la hauteur d’eau dans les bassins, en pompant de l’eau dans l’estuaire. Un coup d’oeil aussi sur le bâtiment du pilotage qui surplombe l’usine élévatoire : il se distingue par une immense verrière au dernier étage et deux ancres sur la façade. Encore aujourd’hui, chaque navire de plus de 75 m de long doit faire appel aux pilotes de Loire, les seuls à connaître la navigation extrêmement complexe dans l’estuaire.

Continuez maintenant rue Hippolyte-Durand, derrière l’usine élévatoire ; option : dans le virage vous pouvez tourner à droite pour ajouter la jetée est à votre périple (là aussi ce sera un aller-retour) ; vous y marcherez entre les carrelets de pêche côté estuaire, et les remorqueurs amarrés côté avant-port.

Sinon continuez la rue à gauche, en passant devant le centre de formation de la SNSM (Société nationale de sauvetage en mer) jusqu’au Vieux Môle, avec son joli phare blanc. D’ici vous avez une très belle vue sur l’estuaire de la Loire, à droite vers le large, et à gauche vers le chantier naval et les terminaux portuaires. Juste avant le môle, un arrêt s’impose devant une table d’orientation pas comme les autres : de forme futuriste, en métal brossé, elle vous indique la direction des ports qui figurent dans les aventures de Tintin ! D’Akureyri en Islande à New York ou Djibouti, l’imaginaire et le réel vous font partir en voyage. Cette table d’orientation s’inscrit dans le parcours Tintin mentionné plus haut.

La table d’orientation de Tintin fait face au Vieux Môle et à l’estuaire de la Loire.

Vous passerez devant la stèle en hommage au commando britannique, l’Opération Chariot de mars 1942, une attaque menée par plus de 600 volontaires afin de rendre inutilisables certaines installations portuaires pour les gros cuirassés allemands. 144 soldats britanniques furent tués, 215 faits prisonniers.

Pour suivre le circuit que je vous propose, tournez maintenant à gauche, avenue de la Vieille Ville (la vieille ville en question était le vieux Saint-Nazaire, le village d’origine sur son promontoire). Ici de superbes œuvres de street art, réalisées par des artistes chiliens, s’offrent à votre regard, je vous en dis plus dans cet article.

Deux oeuvres monumentales d’Inti (à gauche) et La Robot de la Madera.

Dernière option : depuis la stèle, continuez tout droit et longez l’estuaire sur quelques dizaines de mètres en passant sous la « halle sud » où sont organisés des concerts et autres festivités. Puis en bordure d’estuaire, appuyé sur les structures de l’ancien débarcadère du bac qui traversait la Loire avant la construction du pont, le grand monument à l’abolition de l’esclavage, réalisé par le sculpteur Jean-Claude Mayo en 1989, mérite de s’y arrêter quelques moments. Les grandes pièces en bois courbe évoquent les membrures des bateaux négriers qui partaient de Nantes et passaient dans l’estuaire…

Sur la photo, on aperçoit deux des trois personnages qui font partie du monument.

Un peu plus loin à gauche n’hésitez pas à visiter l’Ecomusée, consacré à l’histoire de la ville, de son port et de la construction navale. Retracez ensuite vos pas pour retrouver le circuit principal et voir les fresques de street art.

3 – Autour du bassin de Saint-Nazaire et l’écluse fortifiée

Prenez maintenant à droite l’avenue et le quai Demange pour longer le bassin sur le grand terre-plein. Amarrés le long du quai, vous verrez sans doute de nombreux petits bateaux de pêche (ici on pratique la pêche aux crevettes, sardines, dorades, aussi aux civelles, ces jeunes saumons qui naissent dans l’estuaire de la Loire…).

Face à vous, de l’autre côté du bassin, la base sous-marine s’étend de toute sa longueur de 301 mètres. Tout à l’heure vous la foulerez du pied puisque vous monterez sur le toit.

La base sous-marine allemande a été construite en moins de deux ans, à partir de février 1941. Elle abritait deux flottilles de U-Boote dans ses 14 alvéoles.

Juste avant la petite écluse au bout de ce terre-plein, vous verrez à droite un ensemble de « préfabriqués » bleus. C’est d’ici que va être dirigé un important chantier, la création du premier parc éolien en mer français, au large de Saint-Nazaire.

Dès que vous serez passés sous l’épaisse dalle de béton de l’ancienne écluse de la base sous-marine, tournez à droite pour trouver le site touristique de l’écluse fortifiée avec deux lieux de visite : EOL, un centre de découverte justement sur l’éolien en mer et l’Espadon, le premier sous-marin français à avoir plongé sous la banquise (actuellement en travaux, réouverture annoncée pour l’été 2021).

Avant de repartir, il faut monter sur le toit de ce bâtiment pour profiter de la terrasse panoramique (elle est ouverte en même temps que les sites touristiques dans l’écluse fortifiée) pour avoir une vue au plus près de l’estuaire de la Loire. Lors des grands événements liés aux paquebots, c’est aussi un des points de vue les plus prisés. Regardez cette photo que j’ai pu prendre là-haut en juin 2017, à l’occasion de la manifestation The Bridge, lors de l’arrivée du célèbre Queen Mary 2. Vue imprenable sur l’estuaire, devenu ce jour-là une magnifique scène pour ce beau paquebot !

4 – Autour de la forme-écluse Joubert

Continuez avenue des Frégates jusqu’au bord du second bassin portuaire, le bassin de Penhoët, long de 1,1 km, dont la construction avait duré 19 ans (1862 à 1881). Il est environ deux fois plus grand que le bassin de Saint-Nazaire. Avancez jusqu’au Quai oblique : le grand silo avec des formes géométriques rouges fait partie d’une anamorphose de Felice Varini, Suite de triangles, une autre œuvre du parcours Estuaire.

Souvent un paquebot en finition est amarré au quai de Penhoët pour le plus grand plaisir des promeneurs et des photographes (actuellement, en mars 2021, on y voit le MSC Virtuosa, à priori jusqu’à la fin de ce mois). Un beau matin de juillet 2020 j’ai pu prendre cette photo qui montre non seulement un paquebot mais un échantillon assez exceptionnel d’ « objets flottants » de toutes les tailles, allant d’un trois-mâts de la fin du 19e siècle (le fameux Belem) à un paquebot innovant des années 2020 (Celebrity Apex) en passant entre autres par un bateau transportant des tronçons surdimensionnés de l’Airbus A380… sans oublier un prototype mis au point à Saint-Nazaire (l’engin jaune sur la photo) : une plateforme flottante innovante, Wavegem, qui transforme la houle en électricité.

Avancez maintenant jusqu’au milieu du pont à droite de ce quai pour avoir une vue sur l’énorme forme-écluse Joubert, construite entre 1929 et 1933. Pour moi c’est l’ouvrage portuaire le plus imposant. Remplie d’eau, c’est une écluse, permettant le passage de gros navires entre l’estuaire de la Loire et le bassin de Penhoët. Mais je la préfère vidée de ses quelques 260 000 mètres cubes d’eau, quand elle sert de cale sèche supplémentaire pour les Chantiers de l’Atlantique et qu’elle accueille par exemple un paquebot pour les tout derniers travaux avant la livraison à l’armateur. C’est alors que l’on se rend compte que ses dimensions (elle fait 350 m de long, 50 m de large, et sa hauteur est d’environ 15 m) sont vraiment gigantesques. Des travailleurs-fourmis s’affairent autour et sur un navire-géant… vous les avez repérés sur la photo ?

Il faut maintenant quitter la zone portuaire en passant par le pont du Perthuis, à la jonction des deux bassins portuaires. Continuez tout droit jusqu’au boulevard Paul Leferme où vous prenez à gauche, longeant l’entreprise Cargill France qui produit de l’huile végétale. La base sous-marine se dresse devant vous dans toute sa masse.

5 – Autour de la base sous-marine

Avant de vous attaquer à « la base » comme on dit à Saint-Nazaire, tournez à droite rue des Frères Pereire pour regarder d’un plus près l’ancienne gare ferroviaire de 1866. Ses arcades, ses façades en pierre blanche finement décorée montrent encore que cette gare du Second Empire devait avoir fière allure. Aujourd’hui c’est le théâtre Simone Veil, une Scène nationale, qui est logé ici.

Un visage, un regard, un sourire vous appellent en haut de la rue : continuez jusqu’à cette magnifique fresque de Matt Adnate, maître australien du street art, représentant un jeune garçon aborigène. Fascinant !

A l’angle de l’immeuble qui porte la fresque, tournez à gauche et très vite prenez encore à gauche la large rampe piétonne qui vous donne accès au toit de la base sous-marine. Je suis sûre que vous passerez pas mal de temps sur le toit, à admirer la vue (ou plutôt les vues, de plusieurs côtés) et à vous étonner de l’architecture militaire qui faisait de la base sous-marine un bunker quasiment indestructible.

Explorez aussi les plantations du Jardin du Tiers Paysage de Gilles Clément, autre œuvre du parcours Estuaire, et essayez de trouver les racines des arbres plantés sur le toit de la base, qui se présentent ainsi :

Pour redescendre je vous propose le même chemin, la rampe. Arrivés en bas, traversez la place de l’Amérique Latine d’où vous avez une vue intégrale de la base sous-marine. Saviez-vous qu’avant la base sous-marine, construite par l’occupant allemand en 1941/42, c’est ici que s’élevaient les bâtiments et hangars de la Compagnie Générale Transatlantique… que dès 1862, et jusqu’aux années 1930, la ville vivait au rythme des arrivées et départs des paquebots pour l’Amérique Centrale… C’est justement la grande histoire des paquebots transatlantiques qui est racontée à Escal’Atlantic, ce « musée-paquebot » abrité au coeur de la base sous-marine.

Escal’Atlantic : évocation d’une timonerie de paquebot ancien.

Je vous propose de regagner votre point de départ – eh oui, la balade touche à sa fin !- en cheminant à l’intérieur de la base sous-marine, entre alvéoles et bord du bassin de Saint-Nazaire. Au passage, poussez la porte de l’Office de tourisme, installé dans une alvéole qui donne sur le boulevard. L’équipe a toujours une bonne adresse à partager, ou de nouvelles idée pour votre séjour à Saint-Nazaire.

J’espère que cette exploration du port de Saint-Nazaire vous a fait passer un bon moment ! N’hésitez pas à revenir à différents moments, pour voir le port sous une autre lumière, une autre ambiance, peut-être tôt le matin…

… ou au moment d’un éclusage…

… ou en fin de journée… On s’y retrouve bientôt ?


Quelques repères historiques pour mieux comprendre le port et son importance pour la ville, et compléter l’article.
Jusque dans les années 1830, Saint-Nazaire ne dispose d’aucune installation portuaire ; les accostages sont difficiles et tributaires des marées. 1838 : inauguration du môle d’abri (Vieux Môle).
Saint-Nazaire devient avant-port de Nantes, les gros tonnages ayant de plus en plus de difficultés à remonter la Loire. 1846 – 1856 : construction du premier bassin portuaire. Dès le début le port est un port « à flot », indépendant des marées (très fortes sur ce littoral atlantique) et donc uniquement accessible par écluse.
Construction du deuxième bassin, beaucoup plus grand (bassin de Penhoët), de 1862 à 1881.
1862 est une année véritablement historique pour Saint-Nazaire : le premier chantier naval moderne commence son activité à l’initiative de la toute nouvelle Compagnie Générale Transatlantique, créée un an plus tôt par les Frères Pereire. Dès 1862, la Transat fait de Saint-Nazaire sa tête de ligne pour l’Amérique Centrale (le Mexique et le Panama, via les Antilles). Si les lignes transatlantiques n’ont pas survécu aux années 1930, la construction navale est toujours présente et active à Saint-Nazaire, avec les Chantiers de l’Atlantique.
1896 – 1907 : creusement de l’écluse sud.
Première Guerre mondiale : Saint-Nazaire est le premier port de débarquement des troupes américaines à partir de 1917. En deux ans, près de 200 000 soldats américains passent par le port.
1929 – 1933 : construction de la forme-écluse Joubert.
Seconde Guerre mondiale : l’occupant allemand bouleverse définitivement le paysage portuaire en rasant les bâtiment de la Transat pour construire à la place une des cinq bases sous-marines allemandes de la côte atlantique française. Elle fera de la ville une cible stratégique pour les Alliés ; à la sortie de la guerre, la ville sera détruite à environ 85 %.
Années 1970 : les activités portuaires se déplacent à l’extérieur, le long de l’estuaire de la Loire où de grands terminaux sont construits pour accueillir des navires de plus en plus volumineux et spécialisés.
Années 2000 : avec le programme Ville-Port, la base sous-marine, qui coupait le port de la ville, est « domestiquée » et devient partie intégrante du paysage urbain et portuaire. Dans la base et autour du port, création d’équipements culturels et touristiques, évoqués dans mon article ; il faut y ajouter les salles de concerts et d’exposition VIP et LIFE ; un complexe cinématographique, Cinéville ; le Grand Café, centre d’art contemporain, à moins de 200 mètres du port ; un tiers-lieu, Les Abeilles, qui donne sur l’écluse sud… et les notes de musique du festival Les Escales qui investit tout le site portuaire le dernier week-end de juillet.


Infos pratiques

Se rendre au point de départ. – Si vous venez en voiture, il y a de nombreuses possibilités de stationnement (gratuit sur le terre-plein et de l’autre côté du pont). Transports en commun : terminus du bus U4 sur place (arrêt Petit Maroc) , arrêt Ruban Bleu de l’U2 à 5 minutes à pied (les deux lignes circulent du lundi au samedi), arrêt Hélyce (7j/7) rue d’Anjou, 10 minutes à pied (infos sur les lignes de bus ici). Le circuit peut aussi se faire à vélo.

Mouvements des ponts. – Le port est en activité constante, il se peut donc que vous trouviez un pont fermé à la circulation (car ouvert pour laisser passer un navire). Un peu de patience, les manœuvres ne durent en général pas très longtemps. Bon à savoir : le Port a créé une application mobile permettant d’être informés en temps réels sur les mouvements des ponts, écluses, travaux etc. Si vous voulez en savoir plus sur l’activité du port, consultez le site web du Grand Port Maritime.

Les lieux de visite. – J’écris cet article début mars 2021, les restrictions sanitaires liées à la pandémie du COVID-19 sont toujours en vigueur et les lieux de visite cités dans l’article (EOL, sous-marin Espadon, Ecomusée et Escal’Atlantic) sont actuellement fermés. Les informations concernant les périodes d’ouverture, horaires, tarifs etc. sont régulièrement actualisées sur le site de Saint-Nazaire Renversante.


3 commentaires sur “B comme… balade portuaire

Ajouter un commentaire

  1. Ça donne bien envie de refaire un tour de ce bassin. Malgré que j’y suis déjà venu ton oeil apporte de jolis éclairages !

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Un site WordPress.com.

Retour en haut ↑

<span>%d</span> blogueurs aiment cette page :